Un peu d’histoire
12 OCTOBRE 2018 :
Création du Collectif « POLICE REPUBLIQUE ET CITOYENNETE »
Interview Jean Louis ARAJOL membre fondateur de PRC et consultant ( « Une refondation syndicale républicaine s’impose » /hebdomadaire Marianne )
Le 30 novembre prochain vont se dérouler les élections professionnelles dans la Police Quels sont selon vous les véritables enjeux de ces échéances ?
L’enjeu, c’est tout simplement l’avenir du .syndicalisme policier républicain au sein de la profession.
Disons le franchement pendant de nombreuses années, le syndicalisme policier a traversé quelques péripéties Il a eu quelques passages à vide. J’en parle d’autant plus librement que bon nombre de responsables syndicaux aujourd’hui éparpillés dans toutes les organisations faisaient partie, à l’époque, de mon équipe. A mon départ, après avoir réalisé un score historique aux élections, cette « garantie citoyenne » qu’alors, nous incarnions s’est hélas, divisée, affaiblie.
Depuis toujours, l’histoire du syndicalisme policier a néanmoins un visage : celui d’abord d’une Organisation syndicale, le Syndicat Général de la Police (S.G.P) dont on ne répètera jamais assez les sacrifices des militants. Ils étaient pour la plupart résistants, furent déportés, torturés, assassinés par la barbarie nazie et l’extrême droite Pétainiste. Quelles que soient leurs sensibilité politique, néanmoins et évidemment antis fascistes, ils se révoltèrent contre toutes les formes de barbarie et d’intégrisme, contre l’injustice, contre les entraves à la Liberté. Ils résistèrent pour le drapeau, la patrie et le peuple de France. Ils participèrent activement à l’insurrection de la Préfecture de Police de Paris et à la Libération de notre Pays. N’en déplaise aux anti flics primaires, il n’y a pas eu que la police du Vel D’hiv. La Police Républicaine a existé, elle existe et existera toujours !
La défense de la patrie n’est pas le monopole d’un clan ou d’un parti Encore moins celui de ceux qui se rangent dans le tiroir « archives » des collabos, des soumis, des allongés de service. Je rappelle que c’est après la Libération, pour diviser le S.G.P qui avait été dissous par VICHY , que l’administration a créé des syndicats « maisons » Et depuis, l’administration a ses porte voix, ses « Pathé Marconi », ses relais, ses maillons faibles plus prompts à aller cogner sur Melenchon et Camelia Jordana que de dénoncer publiquement des violences illégitimes.
C’est en tout cas sur ces bases historiques, celles de la résistance, que le Syndicat Général de la Police a construit ses lettres de noblesse et s’est distingué toujours dans l’histoire de toutes les autres organisations , avec il est vrai quelques hoquets : un syndicalisme combattant, regroupant des Républicains pratiquants de toutes sensibilités politiques .
Par sa constance, son indépendance à l’égard des partis politiques, le Syndicat Général de la Police a édifié une bâtisse laquelle quoiqu’on fasse et quelles que soient les trahisons des prétendus républicains « canada dry » est bien assise sur son marbre et ne se détruira jamais On ne tue pas l’histoire, les acquis, les grandes victoires On ne fait pas taire les « voix qui montent des fers et parlent pour les lendemains »
Et permettez-moi d’ores et déjà de le dire Je trouve pour le moins ingrat, et je pèse mes mots, de voir que certaines associations paraît il unitaires ne cessent de critiquer le mouvement social Soit elles méconnaissent l’histoire, soit elles roulent pour des intérêts politiques cachés. Toujours est il que les mêmes qui perçoivent les bienfaits par exemple des acquis sociaux , de la fidélisation, pour ne prendre en compte que l’une des plus récentes victoires du S.G.P et qui crachent après dans la soupe, ne sont pas corrects. C’est le moins que l’on puisse dire. La surenchère démagogique ne règle rien Au contraire ! Les syndicats sont une nécessité. Ce qui n’empêche en rien de les sortir d’une éventuelle anesthésie générale et de les faire renouer avec le combat pour les valeurs républicaines
Quel est le but de votre collectif et qu’est ce qui le dissocie des autres associations ?
A « P.R.C »., nous rassemblons des policiers actifs et retraités qui sont adhérents dans tous les syndicats et nous n’avons qu’un seul but : rassembler ce qui est épars. Y compris au-delà de la sphère policière. Plus la Police, issue du Peuple, est ouverte vers l’extérieur, plus elle est forte et respectée. L’image que je me plais à répéter est la suivante : « il faut sortir des véhicules de patrouille »
Nous voulons rassembler, nous essayons en tout cas, car c’est aujourd’hui une nécessité plutôt que de diviser toujours plus un mouvement social qui n’a pas besoin de ça.
Nous sommes aussi une sorte d’indicateur pour les policiers, notamment les plus jeunes
Les administrateurs de notre collectif décernent des bons points lorsque nous estimons qu’une organisation fait bien le boulot En revanche, nous décernons aussi des « bonnets d’âne » aux syndicalistes
* qui font au niveau « 6ème sous sol », au « raz des pâquerettes », n’interviennent plus sur le fond et les valeurs éthiques qui ont fait la grandeur du « GARDIEN DE LA PAIX »,
* qui n’agissent que pour satisfaire un système inégalitaire basé sur le rendement et l’ultra-droitisation de la profession ou critiquer leurs concurrents.
Ils portent ainsi atteinte non seulement à l’image et à la noblesse de notre profession, mais se rendent co-responsables de la situation qu’endurent les Policiers aujourd’hui.
Certes, en période de vaches maigres, et il y en a toujours eu, le syndicalisme s’est affaibli, s’est contenté de préserver du mieux les acquis sociaux Mais pour autant, les grandes avancées sociales, j’insiste ont été obtenues grâce à lui Ce grand syndicalisme est celui qui a mis l’intérêt de la Patrie au dessus de tout
Un syndicalisme responsable et authentique, ce n’est pas l’épicerie -fut elle fine – du coin ou l’on vient se servir en mutation, en avancement, ou autre préoccupation catégorielle et individualiste
Bien sûr les préoccupations personnelles des policiers méritent d’être à la fois justifiées, soulevées, traitées.
Mais lorsque l’on est une organisation constante, crédible, fidèle aux valeurs de la République, lorsque l’on est capable avec le temps d’avoir la confiance de ses mandants, de mobiliser des milliers de fidèles, de créer un rapport de force conséquent, le reste (« l’épicerie fine ») suit !
L’intérêt général ne doit pas être sacrifié sur l’hôtel de l’intérêt particulier
Car si tel est le cas, on met en péril le plus important, l’essentiel : Le Service Public de Sécurité, aujourd’hui et depuis des années attaqué, amoindri du fait de l’abandon de l’Etat dans ce domaine pourtant régalien
L’un des enjeux de ces élections, c’est donc la défense du service public de sécurité ?
L’enjeu, ce n’est pas l’avancement d’un tel ou d’un tel. Ce n’est pas sa mutation, même si je conçois que cela soit important. Mais ces aspects font tout simplement partie des attributions basiques des syndicats. L’enjeu premier aujourd’hui, c’est de défendre le Service Public de Sécurité, sous peine, demain d’être de plus en plus confrontés aux affres du « ilibéralisme », pour reprendre un terme à la mode
Première étape de la logique ultra libérale : La précarisation et l’isolement des Policiers.
Ensuite, Les gradés et gardiens, pour leur part, seront évidemment de moins en moins nombreux pour faire face à de plus en plus de difficultés. Ils auront « toujours moins » de moyens et on leur demandera de faire « toujours plus »
Les différentes Polices se multiplieront, y compris les polices privées et communautaires. Et demain, dans le cadre du dictat d’une Europe aux ordres des U.S.A., modèle « libéral » par excellence, le SERVICE PUBLIC (Service d’Intérêt Général non marchand), du fait de la privatisation de la sécurité, deviendra un « SERVICE D’INTERET MARCHAND ». Dans ce Monde sécuritaire privatisé et fragmenté, le Service Public de Sécurité a pour vocation d’avoir le mauvais rôle ( répression, entrave de plus en plus manifeste aux libertés publiques et individuelles) La Police de Proximité sera le privilège des Polices territoriales qui se verront octroyer de plus en plus de pouvoirs.
La Sécurité Publique sera essentiellement livrée au privé et au techno solutionniste (reconnaissance faciale, IA, Vidéo surveillance…).
Après l’échelon municipal démultiplié, se sera l’échelon départemental voire régional. Le citoyen paiera donc par ses différents impôts plusieurs fois pour sa sécurité
Les plus aisés s’assureront du mieux, ils feront appels à des polices privées et pourront aussi vivre dans des villes ou des secteurs sanctuarisés, des résidences devenues forteresses urbaines du nouveau siècle, des prisons dorées.
Sécurité à deux vitesses : l’une pour les pauvres et les victimes, l’autre pour les riches et les décideurs. Une politique aux antipodes des principes élémentaires de la République Voilà ce qui nous attend si la situation que nous connaissons perdure
Voilà ce que nous tentons de faire passer à P.R.C. Forts de notre diversité, nous voulons enfin être en quelque sorte aussi « un laboratoire d’idées », et ensuite répercuter au mieux ces dernières au sein de la profession
Le prochain Ministre, s’il veut éviter le pire, devra mettre le curseur sur plusieurs initiatives
* D’abord, redonner confiance aux policiers par un signe fort leur octroyant cette reconnaissance sociale à laquelle ils aspirent. Les « Soldats de la Paix » méritent d’être reconnus et respectés à leur juste valeur.
Une nouvelle Loi d’Orientation et de programmation, un nouveau plan de modernisation seraient les bienvenus La Police est malade de la non réforme Et, surtout, un véritable statut social du Policier, statut obtenu dans son principe et dans le marbre par le SGP lorsque Jean Louis DEBRE était Ministre de l’Intérieur. Le contenant existe ! Il faut au fil des années désormais se battre pour le contenu.
L’histoire éternue… ?
En fait lorsque je relis mon premier ouvrage datant de 1995, c’est une triste évidence. Nous sommes dans la même situation que dans les années 90. Souvenez vous en 1993, la Police ne sort pas indemne de deux années terribles. Deux années ou les « banlieues furent mises à feu et à sang. A l’automne 1990, l’explosion de Vaulx –en- Velin donne le ton. Puis, au printemps suivant, en 1991, ce sont les émeutes de Mantes la Jolie, ou une jeune Gardien de la Paix, Marie Christine Baillet trouva la mort en service. En 1995, c’était les 13 et 14 juillet de mémoire, à Champigny et à Chennevières, des jeunes de la cité Bois Labbé se mettent à incendier des véhicules et à agresser des policiers Etrange et inquiétante similitude non, avec ce que l’on vit aujourd’hui ?
Ces événements ont démontré combien la Police, à l’époque était déjà en proie aux doutes, se trouvait fragilisée après des années de non réforme, de statu quo, de navigation à vue, de consignes floues.
La réforme tant attendue par ceux que j’appelais alors « les Fantomas » du Ministère de l’Intérieur toujours promise n’est jamais venue On gérait le quotidien comme une entreprise, rien de plus ! Aujourd’hui, c’est la même chose
Si l’on veut que la Police fasse correctement son travail, il faut qu’elle soit bien dans sa peau Cela passe par une approche cohérente de la Sécurité, des ordres clairement exprimés, une revalorisation du métier, des efforts de formation, des relations hiérarchiques à visage humain
Il faut donc :
* Inverser la tendance qui prévaut et met en exergue la quantité du travail fourni plutôt que sa qualité (Il faut en finir avec cette politique du chiffre stupide) en simplifiant réellement les procédures pour alléger quelque peu le travail fastidieux de la Police Judiciaire, en améliorant l’encadrement
* Initier un tronc commun de formation ou tous les policiers, quelques soient leur grade, devront se retrouver sur les mêmes bancs de l’école pour apprendre à mieux se connaître, à se comprendre, à avoir entre eux un ciment qui sera bien utile ensuite, pour le moral des troupes et leur plus grande efficacité
* Mettre enfin en place une réelle politique Républicaine : formation sur les valeurs éthiques, l’histoire républicaine de la profession, charte de la formation continue, mise en place d’un haut conseil de la déontologie policière et d’une instance de contrôle indépendante, réforme de l’IGPN, évaluation du fonctionnaire sur la qualité de ses relations avec le public, son respect du code de déontologie, la qualité du travail qu’il fournit. i
Le volet ultra répressif seul ne peut, seul, mettre un terme à l’insécurité Le volet angélique, le tout préventif ne sont pas non plus la solution Les deux dérives font obstacle à l’existence d’une politique de Sécurité Républicaine
Un flic est à l’origine d’un incident, communément et un peu trop rapidement appelée « bavure », cela fait la une des journaux. On ne lui accorde même pas la présomption d’innocence. L’un prend sa plume pour stigmatiser « la dérive fasciste » qui menace l’institution, l’autre la recrudescence des réflexes xénophobes dans les forces de l’ordre. Il y a toujours des individus, des célébrités, qui, à la première affaire dans laquelle est impliquée un collègue, auront le réflexe de sortir du grenier la vieille banderole « CRS.SS » Voilà pourquoi à P.R.C. avec des personnalités du monde du spectacle, des écrivains, des cinéastes et toutes les célébrités qui le souhaiteront, nous souhaiterions organiser avec les combattants de la première heure, dès 2019 la « Nuit de la Police Républicaine » Une soirée de soutien à une Police du peuple, par le peuple et pour le peuple
Si on évoque sans cesse à la moindre occasion la dérive « ultra répressive », s on parle moins d’une autre dérive, d’autant plus dangereuse qu’elle n’est pas perçue comme telle : la dérive moralisatrice qui projette de transformer le Policier en assistante sociale
Derrière une apparente compassion, cette idéologie constitue un danger tout aussi grand que le danger totalitaire
Il s’agit en fait, des deux faces d’une même pièce de monnaie Les deux modèles sont complices l’un de l’autre car ils se renforcent mutuellement. Une Police fascisante nourrit la diabolisation de toutes les formes de répression. Quant au « laissez aller » et au « laissez faire » de la Police laxiste, il renforce le désir d’un retour à l’ordre le plus brutal possible Je le répète : ces deux dérives font obstacle à l’existence d’une Police Républicaine ..
…En Belgique, déjà ce sont des polices privées qui gardent les commissariats On va tout droit en France comme en Europe depuis des années vers cette dérive à l’américaine et vers tout ce qu’elle comporte comme excès : prolifération des armes et des associations d’auto défense, absence de coordination et confusion dans le commandement, etc…
La logique US dans toute sa splendeur et les limites que nous lui connaissons, caractérisées par les événements de Los Angeles en 2002, symbole oh combien révélateur de l’échec de cette dérive ultra libérale en vérité ultra insécuritaire qui nous conduit progressivement à l’anarchie, à la loi de la jungle ou le droit du plus fort s’impose au plus faible
Voilà pourquoi il ne faut pas se diviser, mais au contraire se rassembler, être unis. Les Policiers sont toutes et tous dans la même maison. Une « Grande Maison » qui se fissure parce qu’on la gère froidement comme une entreprise sans se soucier de la dimension humaine de ce métier
On évoque souvent le mal être et les nombreux suicides dans la Police Qu’en pensez vous ?
Le Policier vit doublement la crise : D’abord à titre privé comme tous les citoyens, ensuite à titre professionnel Si en plus, cet impact psychologique difficile à supporter n’est pas pris en compte par une certaine hiérarchie et quelques énarques complètement soumis aux sempiternelles « restrictions budgétaires » et totalement à « l’ouest » des réalités du terrain, il ne faut pas s’étonner de voir se multiplier les drames , les conséquences des états dits « posts traumatiques »
On demande aujourd’hui aux policiers d’être les pompiers des incendies du mal être social et du désengagement de l’Etat. De plus, le policier aujourd’hui est confronté à une violence de plus en plus radicale Il est pris pour cible
Là encore, notre organisation, à l’époque avait signé la sonnette d’alarme. Nous évoquions cette violence qui prenait également des formes inusitées, les antagonismes, les conflits géo politiques les plus lointains retentissant jusque dans les mégapoles Françaises. Notre société terre d’accueil, subissait de plein fouet les conséquences des conflits extérieurs, des guerres civiles, de l’intégrisme religieux.
Les Forces de Sécurité Publique ne sont pas responsables d’une incapacité politique et géo politique à gérer les conflits et au contraire d’une capacité politique et géopolitique à les générer. A ce titre, ils doivent donc être entendus, respectés et ne pas être, tous comme les immigrés, les boucs émissaires du mal être social.
Selon vous par quoi passe cette « survie du Syndicalisme Républicain » que vous évoquez ?
La survie du Syndicalisme Républicain dans l’institution passe par sa refondation
Unité SGP Police est une organisation qui porte une lourde charge, puisqu’elle est censée incarner cette Police Républicaine que nous évoquions tout à l’heure, l’histoire du S.G.P, le combat de cet porte étendard de la Police Républicaine contre le racisme, solidaire de tous les travailleurs dits « essentiels » et des victimes de la fracture sociale, viscéralement attaché au Code de Déontologie de la Police Nationale, institué par Pierre JOXE et désormais remodelé et qui incombe également à la Gendarmerie Nationale
es militants existent dans cette organisation et dans d’autres. Tous les policiers, loin s’en faut, ne sont pas des fachos. Auto critique, concertation, réflexion, actions, négociation, le « jeune » syndicalisme respectueux des Droits de l’Homme et du Citoyen doit se reconstruire. Cette refondation est synonyme d’espoir pour l’institution. Voilà la tâche qui nous incombe à P.R.C. Aider, participer à cette refondation vitale à notre démocratie. Il faudra du temps pour reconstruire ce qui a été détruit mais plus vite cette reconstruction sera effective, plus vite le syndicalisme « maison » et « aux ordres » sera affaibli
Cette refondation du mouvement social policier est nécessaire si l’on ne veut pas que le « dégagisme », conséquence atavique de la « médiocratie », ne touche le syndicalisme comme il a coulé les anciens partis politiques traditionnels Français
L’avenir passe par un syndicalisme de « revendication». Un syndicalisme ni irresponsable ni jusqu’au-boutiste. Pas de syndicalisme de contestation aveugle et politisé ! Un syndicalisme qui n’est pas non plus un syndicalisme d’accompagnement soumis aux partis politiques et aux ordres de l’Administration. Un syndicalisme authentiquement Républicain dit « de revendication ».
C’est le « juste milieu » déjà évoqué.
On pourrait le nommer « réformiste » mais hélas, la pensée unique, déjà, tente de réduire le syndicalisme français à deux extrémités en incluant le « réformisme » dans « l’accompagnement ». Le « réformisme » est donc assimilé au syndicalisme d’adaptation alors qu’à son origine, il constituait ce « juste milieu » pertinent entre la contestation jusqu’au-boutiste non positive et la soumission aveugle des « Pathé Marconi de service »
Voilà pourquoi il faut à mon sens donner un nouveau nom à ce syndicalisme responsable qui est le seul syndicalisme crédible et d’avenir : le Syndicalisme dit de « revendication »
Voilà la ligne de conduite stratégique de ce type de syndicalisme qu’il faut réinventer : Elle se résume à quatre lettres : » C.R.A.N. »
« C » comme « Concertation » : Consultant pour la région IDF d’Unité, nous avons organisé, comme à la belle époque, des États Généraux en Septembre 2017. 11 000 Questionnaires distribués et remplis par les Policiers ont été disséqués ; Voilà une démarche démocratique impérative. Le mouvement social policier et sa crédibilité repose sur deux jambes. Le combat pour les valeurs qui ont fait la grandeur du métier, et un cahier revendicatif partagé.
« R » comme « Réflexion » : Livre Blanc sur le Social au Printemps 2017, séminaires de travail sont autant d’heureuses initiatives qu’il convient de souligner. Un travail à l’échelle régionale sur différents thèmes ayant débouché d’ores et déjà sur des réflexions partagées dont : cahiers revendicatifs, féminisation, statut du travailleur de nuit, social, mais aussi « Qu’est ce que le syndicalisme Républicain ? », « Europe et libéralisme, demain quel service public de sécurité ? » etc…. Il y a bien longtemps que cette amorce de projet et de réflexion n’avait pas été opérée. Mais il faudra poursuivre ce travail au-delà des élections professionnelles et en tirer les conséquences, y compris de manière structurelle. Si tel n’est pas le cas, mon rôle de consultant s’arrêtera là mais nous poursuivrons le travail au sein de PRC. Ne pas avoir le courage de se réformer en profondeur signifie à terme la mort du SGP et de ses valeurs. Une ineptie indigne qu’à PRC, compte tenu du sacrifice de nos anciens, nous n’accepterons pas !
« A » comme « Actions » : Sans rapport de force, il n’y a pas de syndicalisme Il faut constituer un maillage au plus près des personnels que l’on veut défendre et progressivement et réduire le nombre de permanents En fait, il faut ériger le syndicalisme authentique en lieu et place de la « syndicratie » qui est un véritable repoussoir à juste titre pour les intéressés et donne des gorges chaudes aux détracteurs démagogues du syndicalisme en général ceux que l’on appelle les « ya ka fo que » de service
« N » comme « Négociation » pour résister et faire aboutir les doléances des mandants.
A « P.R.C ». vous préconisez donc un syndicalisme « du juste milieu », un syndicalisme « réformiste » ?
Les différents commentateurs diffusent partout qu’il n’y a que 2 formes de syndicalisme :
Le Syndicalisme Contestataire et très politisé et le Syndicalisme d’adaptation qualifie volontairement et donc à tort, de » réformiste » aux ordres des politiques
Nous considérons qu’entre les deux il y a une 3ème voie : Le Syndicalisme véritablement « Réformiste » : le Syndicalisme de Revendication
Il serait d’ailleurs judicieux, comme je le souhaitais à l’époque avec Marc Blondel, qu’une fédération des personnels de sécurité regroupant toutes les organisations axées sur ce thème s’érige au sein d’une structure confédérale.
Les élections professionnelles ne sont qu’une marche, une étape vers cette Refondation progressive du Syndicalisme Policier Républicain à laquelle « PRC » va contribuer.
