Devoir de mémoire et des avancées historiques.
Catherine Choukroun : Devoir de mémoire et deux avancées Historiques obtenues grâce au Syndicalisme Policier Républicain «
» Souvenons-nous de cette nuit du 20 février 1991. Catherine Choukroun, une collègue Gardien de la Paix, effectue avec l’un de ses collègues un banal contrôle radar sur le périphérique à proximité de la Porte de Clignancourt. Une voiture s’arrête à sa hauteur. Deux balles fusent : l’une touche son collègue à l’épaule, la seconde atteint Catherine en plein cou. Elle décède peu de temps après. Six ans plus tard, sur dénonciation d’un indicateur, deux hommes et une femme appartenant au milieu de la prostitution sont arrêtés. Catherine, Paix à son âme, est la première femme flic assassinée en service. Souvenir et respect pour ses proches et sa famille.
Son nom et l’Histoire qui découlent de ce drame sont-ils enseignés dans les écoles de Police ? Et sont-ils à minima appris dans les écoles de formation syndicale, lorsque ces dernières existent comme ce fut le cas au Syndicat Général de la Police ?
Les Organisations syndicales ont-elles au moins inculqué à leurs délégués syndicaux ce dramatique épisode inscrit dans le marbre de la Préfecture de Police de Paris et ce qui s’y rattache ?
Rappel des faits…
1 – RECIPROCITE DE LA PENSION DE RÉVERSION
Succédant à Bernard DELEPLACE , Richard GERBAUDI Secrétaire Général du SGP est élu Secrétaire Général de la Fédération autonome des syndicats de police (FASP) le 24 octobre 1990.
Sous son mandat, il aura fallu attendre la mort de Catherine Choukroun pour que la réciprocité de la pension de réversion puisse être effective et soit également versée aux conjoints survivants de la défunte. Et oui ! Jusqu’à 1991, le versement de cette pension n’était juridiquement prévu …que pour les veuves ! Une aberration dénoncée par le SGP qui fit donc de la réciprocité de la pension de réversion l’une de ses principales revendications.
Instaurée en 1945 malgré l’opposition et la défaite de l’extrême droite française et fasciste alliée aux nazis, cette pension de réversion est l’une des avancées sociales majeures de la Libération.
Pour faire court, la pension de réversion est égale à 50 % de la pension de retraite de base dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier le défunt et le montant annuel de la pension de réversion et des autres ressources du bénéficiaire de la pension de réversion ne peut pas être inférieur au montant de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), soit aujourd’hui 12 523,14 € par an. Si tel est le cas, le montant de la pension de réversion est complété de façon à ce que le montant total de la pension de réversion et des autres de ressources du bénéficiaire de la pension de réversion soit au moins égal à ce montant annuel de l’ASPA.
Mais….dans la série » Perte des acquis et régressions sociales » depuis le 15 février 2026, en cas de décès, le conjoint survivant a droit à une pension de réversion :
. A partir d’un âge et dans des conditions déterminées par décret
. Et si ses ressources personnelles ou celles du ménage n’excèdent pas des plafonds fixés…. Par décret !
Je vous laisse supputer l’évolution qui peut dans les années à venir découler de décrets émanant d’un exécutif Ultra libéral fossoyeur du Service Public face à un mouvement social divisé et affaibli.
2- LES PREMIÈRES FEMMES DANS LA POLICE
Le deuxième épisode historique qu’évoque pour moi et à juste titre la jeune association Police République et Citoyenneté ce tragique 35 ème anniversaire du décès de notre collègue c’est tout simplement …l’entrée des premières femmes dans la Police.
En 1935, le féminisme remporte une grande victoire ! Si les femmes n’ont pas pu pénétrer au parlement…. (Les élus ne sont pas toujours très vifs en matière d’avancées sociales et il est bon pour ne pas dire indispensable que le poil à gratter syndical bouscule de temps à autre le Landerneau) …elles ont conquis la Préfecture de Police de Paris !
Là encore l’un des combats majeurs de l’entre-deux guerres du syndicalisme policier républicain et donc, l’une de ses plus belles victoires.
Berthe Rolland et Simone Monvert : Voilà les deux noms des deux premières femmes à avoir intégré la Police Nationale. Ces pionnières ont constitué la première brigade féminine … » Assistantes de police de Paris ».
La première femme permanente dans un syndicat de police fut Mireille Alexandre. Recrutée par Bernard Deleplace, elle a eu en charge au SGP le dossier des ASVP (Agents de Surveillance de la Ville de Paris) plus communément appelées » pervenches ».
La première femme flic syndicaliste policière ayant en charge un département (et non le moindre) celui du « 9.3 » sera notre fidèle amie Catherine MACAINE toujours militante, et administratrice de Police République et Citoyenneté. Sous son égide, sur un plan syndical, la Seine Saint Denis deviendra dès lors un véritable et redoutable réservoir d’excellents militants.
Le SGP créera également un secteur « féminisation » dont Catherine aura la charge.
De Catherine Choukroun à Catherine Macaine….c’est donc une très belle Histoire de France, de l’Institution et du Syndicalisme policier républicain qui gagne à être connue !
