Se souvenir toujours …
SE SOUVENIR…TOUJOURS !
C’était UN CERTAIN 8 FÉVRIER 1962 …!
HISTOIRE DE LA POLICE RÉPUBLICAINE :
L’HISTOIRE DE DEUX MASSACRES !
L’HISTOIRE DE DEUX POLICIERS !
L’HISTOIRE DE DEUX SYNDICALISTES !
1- Savez-vous qui était François ROUVE ?
Permettez moi de rappeler en ce mois de Février 2026, à la veille d’un triste anniversaire, son nom, et son histoire
Un nom et une Histoire lesquels devraient comme c’était le cas fut un temps au Syndicat Général de la Police, être invoqués et enseignés au sein des écoles de Police.
François ROUVE était un fils de Simon ROUVE, forgeron et propriétaire viticulteur.
Pendant la deuxième guerre mondiale, de nombreux juifs sont cachés par sa famille.
Militant syndicaliste actif au SGP, il devient délégué de la mutuelle et de l’orphelinat mutualiste. Dès 1940, le SGP est dissous par l’extrême droite Pétainiste et les Nazis. L’extrême droite qui même n’hésitera pas à usurper sans vergogne le nom de » Front National » mouvement à l’origine unitaire de la Résistance pour créer avec des Walfeen SS un parti politique du même nom
François ROUVE est donc un résistant et participe à de nombreux sabotages. En 1944, à la tête d’une armée de l’ombre composée de 80 hommes dont bon nombre de policiers également du SGP il joue un rôle important lors de la Libération de Paris.
Devenu après la guerre un leader syndical, et numéro un du SGP, François Rouve est alors considéré comme un grand policier républicain non seulement pour ses actes héroïques de résistance, mais aussi pour avoir protesté dans la presse contre le massacre du 17 octobre 1961.
Suite à ces protestations, il est même révoqué par le ministère de l’intérieur pour avoir « dénoncé » dans la presse ce massacre !!!
Le processus de sanction qui l’a alors visé a déclenché des protestations très larges, y compris au sein du mouvement social Européen.
Ces organisations, estimaient que la suspension de François Rouve était contraire aux droits de la liberté d’expression. En France, la Fédération de l’Education Nationale (FEN) se montre en particulier très critique.
L’historien Alain Dewerpe a souligné que cette révocation finalement intervenue le 5 février 1962 avait bel et bien été motivée par sa dénonciation dans la presse de la répression du 17 octobre 1961.
2- Le massacre du 17 Octobre 1961
Le massacre du 17 octobre 1961 délibérément orchestré par le Préfet M. Papon est la répression meurtrière, par la police française, d’une manifestation pacifique d’Algériens organisée à Paris (200 morts).
Le SGP prend alors dans la presse et par voie de tracts dans les commissariats une position claire et très courageuse :
» Camarades du SGP, ne vous laissez pas aller à des actes qui ne sont pas en accord avec votre manière de penser ; groupez vous autour de vos cadres syndicaux, agissez comme des hommes représentant la justice, et non comme des justiciers… (…) Chef d’État, Gouvernement, entendez la voix de ceux qui sont chargés de vous protéger. Des pères, des mères, des enfants, d’un seul cœur vous adjurent d’arrêter cette guerre meurtrière et de négocier la Paix »
3- Connaissez-vous l’histoire du policier du SGP Paul Rousseau ?
Un autre syndicaliste, délégué du SGP sur le Xème arrondissement de Paris, Paul Rousseau en mission sur le terrain au moment des faits prend également position. Il dénonce à la fois les attentats du FLN contre les policiers (une trentaine de morts en 1961) mais aussi les dérapages de la police. Il en appelle au calme et à la raison. Pour ces prises de position, il est lui aussi suspendu trois semaines et muté disciplinairement. Certains de ses collègues lui reprochèrent alors de protéger » les bougnoules « . Aujourd’hui avec Rouve, Rigail, Chaunac et bien d’autres, son nom honore à jamais l’histoire de notre Institution
4- Le massacre du métro Charonne
Le 8 Février 1962, après le putsch d’Alger, une manifestation, organisée par le Parti communiste français et d’autres organisations de gauche est interdite. Maurice Papon, toujours lui, donne l’ordre de la réprimer, avec l’accord du ministre de l’Intérieur, Roger Frey.
Parmi les manifestants qui essaient de se réfugier dans la bouche de la station de métro CHARONNE huit personnes trouvent la mort, étouffées ou à cause de fractures du crâne, ainsi qu’une neuvième à l’hôpital, des suites de ses blessures.
Un mois avant l’extrême droite et l’OAS avaient déjà organisé plusieurs attentats.
En effet, en janvier, un commando en voiture mitraille l’immeuble du Parti communiste, blessant grièvement un militant au balcon du 2e étage.
Dans la nuit du 6 au 7 janvier, c’est le domicile de Jean-Paul Sartre qui est l’objet d’un plasticage.
Le 24 janvier, on compte 21 attentats non pas perpétrés par des fanatiques religieux mais…par l’extrême droite Française
Le soir même du 7 février, des syndicalistes policiers avec des responsables de la CGT et de la CFTC se rencontrent à la bourse du travail et décident d’appeler à une manifestation massive le lendemain. La FEN et l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France) sont également représentées à cette réunion. Un tract d’appel est ainsi rédigé :
« TOUS EN MASSE, ce soir à 18 h 30, place de la Bastille
Les assassins de l’OAS ont redoublé d’activité
Plusieurs fois dans la journée de mercredi, l’OAS a attenté à la vie de personnalités politiques, syndicales, universitaires, de la presse et des lettres. Des blessés sont à déplorer ; l’écrivain Pozner est dans un état grave. Une fillette de 4 ans est très grièvement atteinte.
Il faut en finir avec ces agissements des tueurs Fascistes.
Il faut imposer leur mise hors d’état de nuire.
Les complicités et l’impunité dont ils bénéficient de la part du pouvoir, malgré les discours et déclarations officielles, encouragent les actes criminels de l’OAS.
Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action. Les organisations soussignées appellent les travailleurs et tous les antifascistes de la région parisienne à proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d’imposer la paix… »
Voilà ceux qui ont écrit la Grande Histoire de la Police Républicaine. Voilà ceux qui ont honoré à jamais le métier.
A cette époque les syndicats n’offraient pas la possibilité aux fachos de tenir leurs banderoles. Ils les combattaient.
En ce temps-là, les mouvements politiques Républicains ne stigmatisaient pas toute une profession. Ils soutenaient la Police Républicaine et n’abandonnaient pas cette même Police aux fascistes. Ils ne faisaient pas dans le racisme anti flics primaire, les bricolages de bouts de ficelle et ne se divisaient pas pour des opportunismes partisans totalement insignifiants
En ce temps-là, les mêmes syndicats n’obéissaient pas aveuglément à un pouvoir Ultra libéral aveugle et ultra répressif au service d’un ordre particulier. Tous ensemble, SGP, CGT, CFTC….ont su se regrouper contre celles et ceux qui n’aspirent qu’à deux choses :
– utiliser exclusivement la Police à des fins racistes et anti sociales
– Et la discréditer !
Se souvenir donc, et méditer… !
