PRC défend le retour du Haut conseil de la Déontologie Policière
L’association Police République et citoyenneté a appelé les services de police à observer un moment de recueilllement lors des commémorations du massacre de Charonne, ce lundi.
Le 8 février 1962 , alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin , une manifestation anti-OAS est violemment réprimée par la Police parisienne .
Acculés dans l’entrée du métro Charonne, des manifestants sont pris dans une bousculade mortelle: neuf personnes meurent (dont huit membres du PCF), écrasés et asphyxiées. Plus de soixante ans plus tard, ce drame reste l’un des symboles les plus marquants des violences policières en France .
Que se passerait-il si la police , elle même, participait à cet hommage ?. C’est le pari volontairement provocateur, de l’Association Police, République et Citoyenneté (PRC) qui appelle les services de police à observer une minute de silence lors des commémorations qui auront lieu ce lundi 9 février.
pour Jean-Louis Arajol , fondateur de PRC , cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large : » la police française a besoin d’une révolution culturelle ». D’après celui qui se défini comme « un sans culotte », les écoles de police souffrent d’un manque criant de formation à la culture démocratique et à l’histoire des violences de l’Etat . Son association plaide donc pour que « l’histoire de la police républicaine ainsi qu’a la déontologie, la citoyenneté et l’exemplarité » deviennent des modules obligatoires dans la formation initiale des gardiens de la paix .
Derrière l’hommage se cache aussi un avertissement : » dans le cadre de l’institution aujourd’hui , je serais surpris si on condamnait de façon très claie ce genre de dérive. Le drame de Charonne pourrait se répéter et on retrouverait la même omerta ». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’association PRC défend également le retour du Haut Conseil de la déontologie policière. Une institution totalement indépendante qui pourrait être saisie par de simples citoyens et qui réglerait » en toute transparence » les affaires laissées de côté par l’IGPN .
Face à ces réformes , le principal obstacle tiendrait à une droitisation croissante du paysage syndical: « le glissement ultradroitier touche aujourd’hui toutes les organisations. Vous n’entendrez jamais un porte parole syndical intervenir sur les valeurs de la police ou militer pour des garanties citoyennes ».
Et si le danger ne se manifeste pas immédiatement, il pourrait devenir majeur à l’avenir: « si l’extrême droite droite arrive au pouvoir , elle se retrouvera face à un bloc syndical acquis à sa cause . C’est un grand péril pour la démocratie. Du vel d’Hiv à Charonne on risque de voir ressurgir ces dérives qui ont terni l’image du métier « .
Le ministre de l’intérieur fera t il écho à l’appel de Police Républicaine et citoyenne ?Ce serait « la crise gourmande sur le gâteau. » Mais jean-louis Arajol ne se fait guère d’illusions; en l’état , il sait que « cela n’a aucune chance de se faire ». Néanmoins , il espère que pour les policiers réceptifs à son message, ceux qui existent encore « même chez Alliance », « ce cri dans le désert les encouragera à aller dans le bon sens .
