Protéger ceux qui protègent: ne pas fragiliser l’Etat de droit …
COMMUNIQUE DE PRESSE PRC
La proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, initiée par l’extrême droite, prétend répondre à une exigence de protection des Policiers.
En réalité, elle relève d’une logique essentiellement symbolique et démagogique, qui s’inscrit dans une stratégie plus large de construction d’un récit politique fondé sur la peur, la défiance et la simplification extrême des réalités sociales et sécuritaires.
Ce mécanisme de persuasion repose sur une forme de manipulation des représentations collectives : faire croire qu’un affaiblissement de l’État de Droit renforcerait la sécurité, alors même que le droit actuel protège déjà les policiers dans l’exercice de leurs fonctions.
Le Droit français prévoit en effet un cadre spécifique, notamment à travers l’article L.435-1 du Code de la sécurité intérieure, permettant l’usage de l’arme dans des situations strictement définies. Ce cadre concilie protection des agents et contrôle judiciaire, condition essentielle d’une démocratie.
Instaurer une présomption de légitime défense ne renforcerait pas concrètement leur sécurité. Cela déplacerait surtout l’équilibre juridique en rendant l’usage de la force létale présumé légitime avant même tout examen des faits.
Derrière cette proposition se dessine une logique politique plus profonde : installer durablement l’idée que l’autorité ne doit plus rendre compte, que la force publique doit être soustraite au contrôle, et que la complexité du réel peut être remplacée par des réponses automatiques et émotionnelles. C’est pour nous PRC une nouvelle initiative de manipulation mentale.
Protéger les forces de l’ordre est une nécessité, mais instrumentaliser leur mission dans une stratégie de polarisation politique fragilise à la fois les institutions, les citoyens et les policiers eux-mêmes est inacceptable.
Le débat sur l’insécurité sociale mérite mieux que des slogans : il exige responsabilité, lucidité et fidélité aux principes démocratiques.
