« le Justice à bout de souffle ? »
COMMUNIQUE DE PRESSE PRC en date du 8 juin 2026
L’annonce par le ministre de la justice du réexamen de 70.000 plaintes relatives à des violences sexuelles sur des enfants constitue un aveu inquiétant : celui d’un système qui n’a plus les moyens de traiter des dossiers parmi les plus sensibles
Mais il serait profondément injuste et politiquement lâche de faire porter la responsabilité de cette situation uniquement sur les magistrats , les policiers ou les gendarmes.
depuis des années, les professionnels de terrain alertent sur le manque de moyens, l’engorgement des services, la saturation des juridictions et les conséquences de réformes qui ont affaibli les capacités d’investigation .
La réforme de la Police Judiciaire , menée sous l’autorité de Gérard Darmanin lorsqu’il était Ministre de l’intérieur, a suscité une opposition massive des enquêteurs spécialisés. Les inquiétudes exprimées sur la crise sans précèdent des services d’investigations n’ont jamais été sérieusement prises en compte. Aujourd’hui , aucun responsable politique ne peut prétendre découvrir les conséquences de ce choix qu’il a lui-même soutenus ou mis en œuvre.
L’affaire Lyhanna dépasse le cadre d’un simple dysfonctionnement. Elle met en lumière la carence d’un état qui , année après année, a fragilisé ses services publics de sécurité et de justice tout en exigeant davantage de résultats de personnels déjà à bout de souffle.
Les familles des victimes ont besoin de vérité, de justice et de protection . Elle n’ont pas besoin de responsables politiques cherchant à transférer leur propre responsabilité sur les agents de terrain .
L’heure n ‘est plus aux déclarations d’indignation , mais à la remise en cause d’un modèle qui affaiblit les services publics essentiels.
Parce que la protection de l’enfance ne peut être une variable d’ajustement budgétaire ou administrative .
Parce qu’un état qui ne protège plus ses enfants doit avoir le courage de s’interroger sur ses propres choix .
