« Violences Politiques le mal récurrent d’un même modèle ».
Mais que fait la Police, »(*) Ou plutôt , pour que les responsabilités soient claires, où est l’Etat de Droit et que fait-il ?
Daniel GUERIN, 1 er Vice-Président P.R.C , Coordonnateur Régional Bretagne
Lorsqu’ il s’agit de réprimer des mouvements sociaux légitimes et pacifistes (ce qui n ‘exclut évidemment pas certains débordements) l’un des « Zoro » de la Sécurité publique se flattait de mobiliser sur une seule journée 80 000 effectifs ce qui représente plus de la moitié de nos collègues.
Lorsqu’ il s’agit de mater les rassemblements à Sainte Soline, les mêmes irresponsables politiques s’inspirent de Coppola et de son » Apocalypse now ».
Bien sûr, dans la sémantique néo fasciste, les manifestants sont tous des » méchants gauchistes ». Évidemment, les familles et les enfants majoritairement présents à Sainte Soline sont tous des » eco-terroristes » !!! Une de ces formules comme » chienlit’, » sauvageons », ou » barbares » que depuis la nuit des temps l’Ultra droite, ces « animaux malades de la peste » se plaisent à utiliser pour justifier leur haine de celles et ceux qui osent défier ce modèle inégalitaire où les puissants écrasent et marginalisent sans vergogne les plus faibles : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».
Hélas, lorsqu’ il s’agit à titre préventif d’assurer une présence policière lors de rassemblements néo nazis, identitaires ou anti fascistes…comme par hasard, il n’y a plus personne !
L’agression mortelle d’un militant d’extrême droite, samedi, porte la marque des affrontements désormais récurrents entre néo fascistes ou identitaires et antifascistes. Certes dans les universités ces affrontements ont toujours existé, notamment dans les facs de Droit. Mais notre société, grâce à ceux qui au quotidien fomentent la Haine, a franchi un palier supplémentaire dans la brutalité politique.
A P.R.C, nous déplorons et condamnons fermement toutes ces violences.
Mais nous sommes dans l’obligation hélas de constater une nouvelle fois que ce drame, cette nouvelle tragédie que la ville de Lyon vient de traverser le 12 février démontre la même évidence : Comme à chaque fois que les néofascistes s’en prennent à un événement de gauche, les » Zéro » de l’Insécurité laissent faire. Ce qui contraint donc les organisateurs et organisatrices de ces événements à constituer des services d’ordre pour se défendre.
L’auto défense : la suite logique du mécanisme ultra liberal qui pauperise le Service Public de Sécurité.
Lorsque l’autorité légitime et l’État de Droit s’avèrent incapables d’assurer la sécurité et la Paix Civile dans une société, c’est la porte ouverte à toutes les dérives à commencer par celle qui consiste à se faire justice soi-même.
Ceci étant, le narratif victimaire et le bourrage de crâne qui se propagent sont quand même, c’est le moins que l’on puisse dire, d’une subjectivité effarante.
Rappelons quand même que le mal ne se situe pas exclusivement d’un seul côté de la barrière.
L’extrême droite tue, mutile et terrorise en toute impunité depuis des années. Sans remonter à Dreyfus ou aux collabos, voici une liste non exhaustive de crimes racistes et fascistes commis par l’extrême droite depuis ….4 ans.
Aucun n’a fait la une des médias. Aucun n’a provoqué de polémique nationale.Et
Pourtant….
19 mars 2022, Paris.
Des néo-nazis agressent un homme racisé en pleine rue, des injures racistes fusent. Il s’avère qu’un rugbyman argentin à la carrière internationale, se trouve à proximité et s’interpose. Il s’appelle Federico Martín Aramburú. Avec son ami, ils sont roués de coups par les nervis racistes. L’un d’eux, Loïk Le Priol, ancien du GUD – groupuscule violent d’inspiration fasciste, exhibe un brassard de police. Puis il revient armé, dans une jeep, et abat de plusieurs balles dans le dos Federico Martín Aramburú. Le père de famille meurt sur le coup.
Loïk le Priol tente de s’enfuir en Ukraine. Lui et ses complices possédaient des armes et des objets nazis. Cette affaire, en pleine campagne présidentielle, subit une omerta médiatique presque totale.
Juin 2022, à Lyon.
Le chef des identitaires, un certain Adrien Lasalle, poignarde deux hommes en pleine rue, dont un à la gorge. Le crime a lieu vers minuit. Le néonazi s’était rendu dans un quartier réputé «de gauche » et s’en était pris à deux jeunes hommes de 18 et 23 ans. Ivre, l’agresseur a ensuite frappé les policiers venus l’arrêter et a terminé au poste.
9 décembre 2022, Charleville-Mézières.
Un retraité raciste abat son voisin, Mahamadou Cissé, d’une balle de fusil à pompe. Le Procureur qualifiera ce crime raciste de « meurtre par exaspération » et remettra le tueur en liberté. L’accusé, un ancien militaire, était membre des commandos marines et avait participé à la Guerre d’Algérie.
23 décembre 2022, Paris.
William Malet, militant d’extrême droite se rend avec une arme à feu au Centre Démocratique Kurde à Paris. Il assassine 3 personnes par balles et en blesse 4 autres. En décembre 2021, à Paris déjà, le même William Mallet avait essayé de tuer des réfugiés soudanais au parc de Bercy à coups de sabre, trois jours après un grand meeting de campagne d’Eric Zemmour. Il était pourtant en liberté. Le genre multirécidiviste dont on parle moins
26 décembre 2022, Évry, en banlieue parisienne.
Un homme de 61 ans tire sur une jeune fille de 13 ans, d’origine maghrébine, qui rentrait chez elle. Il était connu de son voisinage pour ses propos racistes. En garde à vue, affirme qu’il voulait rendre hommage à l’homme qui avait assassiné par balles trois militants kurdes deux jours plus tôt.
17 novembre, 2023, dans le Val-de-Marne.
Un retraité attaque un jardinier franco-algérien qui nettoyait des branches chez une cliente, près de chez lui. L’homme profère des cris racistes avant de planter un coup de cutter dans la gorge de Mourad, causant une plaie très profonde au cou.
Si la victime n’avait pas eu le réflexe d’esquiver la lame, sa jugulaire aurait été tranchée, il serait mort en quelques instants.
25 juin 2024 à Thiais, dans le Val-de-Marne.
Un chauffeur de bus scolaire non-blanc est victime de menaces de mort, d’insultes et d’une tentative de meurtre de la part d’un automobiliste. Ce dernier refuse de partir d’une place réservée aux bus scolaires devant une école maternelle, alors que le chauffeur devait se garer sur cette place.
L’automobiliste crie : « J’en ai marre des gens comme vous, bougnoules et renois, moi je vote RN, je vais te tuer, je vais te massacrer, je vais vous éradiquer ». Puis il percute délibérément avec sa voiture le chauffeur de bus au niveau des jambes. Ce dernier est miraculé.
31 aout 2024, près de Dunkerque.
Djamel Bendjaballah, père de famille maghrébin, est assassiné par un militant d’extrême droite nommé Jérôme Decofour. Ce dernier a écrasé Djamel volontairement. Le tueur était membre d’une milice raciste nommée « Brigade Française Patriote », il avait harcelé et menacé de mort à de nombreuses reprises la victime par le passé. Où en est cette affaire ? A notre connaissance seul Thierry Vincent un journaliste de BLAST, suit ce dossier.
20 novembre 2024, dans les Vosges.
Rochdi Lakhsassi, commercial d’une trentaine d’années, est froidement abattu de deux balles dans le dos par un habitant à Chavelot dans les Vosges, alors qu’il faisait du démarchage pour son entreprise. Le meurtrier, Noël Richard, 71 ans, a délibérément visé la victime.
14 décembre 2024, dans le Nord.
Paul, habitant de Dunkerque âgé de 22 ans, démarre sa voiture, lourdement armé, pour aller commettre une série d’assassinats. Il tue d’abord trois personnes, puis se rend devant un campement d’exilés. Il assassine deux hommes de nationalité iranienne, âgés de 19 et 30 ans, qui se nommaient Mustafa et Ahmid. Il ne les connaissait pas. C’est ici qu’il termine son escapade meurtrière, avant de se rendre dans une gendarmerie.
16 février 2025, Paris.
Une trentaine de néo-nazis, dont certains portent des casques de moto, attaquent les locaux de l’Association culturelle des travailleurs immigrés de Turquie. Il y a alors la projection d’un film contre l’extrême droite. Les agresseurs hurlent « Paris est nazi », ils tabassent les participant-es et poignardent un syndicaliste de la CGT, dont le pronostic vital est temporairement engagé. Deux personnes sont hospitalisées.
25 avril 2025, à La Grand-Combe.
Dans cette petite ville de 5.000 habitants dans le Gard, au petit matin, un certain David entre dans la mosquée où se trouve Aboubakar Cissé, qui fait le ménage. Au moment où Aboubakar s’agenouille pour prier, David sort un grand couteau de cuisine et le poignarde violemment : ventre, bras, visage, jambes, dos. 50 coups de couteau. L’assassin prend des photos de la victime avec son téléphone.
30 mai 2025, Alès.
Une descente néo-nazie vise un bar militant de la ville. « J’ai vu une dame âgée se faire étrangler et gazer à bout portant » explique une personne présente sur place. Les néo-nazis ont frappé sans distinction, blessant une vingtaine de clients. Un militant cheminot PCF, tabassé, a été hospitalisé en urgence.
31 mai 2025, Puget-sur-Argens dans le Var.
Hichem Miraoui, un tunisien, âgé de 46 ans et coiffeur de profession, est assassiné chez lui par son voisin raciste. Ce dernier, Christophe B. a débarqué armer dans l’appartement où avait lieu une soirée. Il a assassiné Hichem et blessé par balles deux autres personnes. Il assène en vidéo : « Tenez-vous à carreau les bicots, car des mecs comme moi, il va y en avoir plein, plein, tenez-vous à carreau ».
15 août 2025, à Royère-de-Vassivière.
Lors d’une fête de ce village de 500 habitant-es, un homme est agressé aux cris de « Sale Noir, tu n’as rien à faire ici ». Les amis du jeune homme tentent de s’interposer, mais ceux-ci se font « tour à tour injurier, frapper, étrangler, pousser au sol ». Une victime perd connaissance.
Alors qu’elles tentent de quitter les lieux, les victimes subissent une chasse à l’homme raciste. Les agresseurs dont un élu municipal et le président de la société de chasse locale, les poursuivent dans un pick up en continuant à les insulter, hurlant «la chasse au n**** est ouverte ».
Décembre 2025, Nice.
Une bande d’une quinzaine de nervis d’extrême droite sème la terreur. Un groupe de 5 amis, venu boire des coups, se fait attaquer par ces derniers, cagoulés, après s’être fait insulter de « sales bougnoules ». Une victime raconte s’être fait « shooter de partout » avant que des passant·es n’interviennent.
18 janvier 2026, Toulouse.
Deux étudiants voient débarquer dans leur appartement un voisin armé leur criant « On ne veut pas d’étrangers, c’est nous qui payons la CAF … Je ne donne pas mon nom à des Arabes ».
19 janvier 2026, Décines-Charpieu, près de Lyon.
Un lycéen de 17 ans d’origine syrienne est attaqué puis tabassé par 3 hommes cagoulés, avant d’être tailladé au visage par des lames de rasoir. Le tout accompagné d’un torrent d’injures racistes : « Sale Arabe », « Sale Musulman ».
Bien sûr, ce résumé écoeurant est incomplet, car il ne recense que des cas dont a parlé la presse quotidienne régionale. Et nous n’avons évoqué ici que les violences physiques contre les personnes. Pas les profanations, pas les incendies de mosquées, tags racistes et menaces, qui se comptent par centaines. Et ne sont pas non plus évoqués les projets d’attentats déjoués par nos collègues
A PRC nous considérons que les premiers responsables de cette violence sont ceux qui attisent en permanence la Haine de l’autre et le soupçon sur celui qui est différent. Les premiers responsables, ce sont ceux qui préfèrent utiliser les forces publiques de sécurité pour un intérêt particulier et non pour l’intérêt général.
Si le crime tel qu’il soit ne doit pas rester impuni, utiliser la mort d’un homme à des fins purement politiques et démagogiques est tout autant condamnable.
Que la Justice fasse son travail en dehors de toute propagande et manipulation mentale médiatico-politique
Et que les élus qui soufflent sur les braises d’un incendie qu’ils ont largement contribué à attiser eux-mêmes soient à jamais anéantis par cette arme si noble qu’ils exècrent : la Démocratie !
« Mais que fait la Police »Jean-Louis ARAJOl , Editions Minerve 1995
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